Islam > Coran > Tajwid > Questions : le mîm sâkina
Mis à jour le 27 octobre 2026
📖 4 min de lectureLe mîm sâkina est la lettre mîm dotée d'un sukûn, qu'il soit originel ou secondaire. Elle a trois jugements : l'ikhfa shafawi devant le bâ', l'idgham moutamathilayn saghir devant le mîm mobile, et l'izhâr shafawi devant les vingt-six lettres restantes. Comme le dit l'auteur d'at-Tuhfa : « ses jugements sont trois : ikhfa, idghâm et izhâr, sans plus ».
Révision : Nûn et mîm chaddada, Ikhfa shafawi, Idgham moutamathilayn saghir et Izhar shafawi
Cette notion n'est pas détaillée dans ce module ; voir le livre قواعد التجويد sur la récitation de Hafs.
L'ikhfa shafawi a une seule lettre : le bâ', et cela ne se produit qu'entre deux mots. Il est appelé shafawi (labial) parce que le mîm et le bâ' sortent tous deux des lèvres, et ikhfa parce que le mîm sâkina est dissimulé à la rencontre du bâ', en raison de la proximité entre les deux lettres ; il s'accompagne obligatoirement de la ghounna. Exemples : تُتْلَىٰ عَلَيْكُمْ ءَايَـٰتُ (al 'Imrân, 101) et رَبَّهُم بِٱلْغَيْبِ (al-Moulk, 12).
L'idgham moutamathilayn saghir a une seule lettre : le mîm. Lorsque le mîm mobile suit le mîm sâkina, l'idgham est obligatoire avec ghounna. Il est appelé moutamathilayn (jumeaux) parce qu'il est composé de deux lettres réunies au point d'articulation et dans la caractéristique, et saghir (petit) parce que la première des deux est sâkina et la seconde mobile : c'est là la cause de l'idgham. Exemples : مِن قَبْلُ إِن كُنتُم مُّؤْمِنِينَ (al-Baqara, 91) et وَلَهُم مَّا يَشْتَهُونَ (an-Nahl, 57).
L'izhâr shafawi a pour lettres les vingt-six restantes de l'alphabet, après exclusion du bâ' et du mîm. Son nom d'izhâr vient de la mise en évidence du mîm sâkina à la rencontre de ces lettres, et son nom de shafawi parce que le mîm sâkina, la lettre qui rend apparent, sort des lèvres. Sa cause est l'éloignement du point d'articulation du mîm par rapport à celui de la plupart de ces lettres. Exemples : وَلَهُمْ فِيهَا (al-Baqara, 25), إِنَّكُمْ وَمَا تَعْبُدُونَ (al-Anbiyâ', 98), حِينَ تُمْسُونَ (ar-Roum, 17) et لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ (al-Baqara, 21).
Il met en garde contre une dissimulation du mîm devant le wâw et le fâ' : « Et méfie-toi, devant un wâw et un fâ', d'une dissimulation... en raison de leur proximité et de l'union, reconnais-le ». Devant ces deux lettres, l'izhâr du mîm en izhâr shafawi intensif est obligatoire, afin que l'on ne suppose pas sa dissimulation comme elle se dissimule devant le bâ' : cela en raison de l'identité de son point d'articulation avec le wâw et de la proximité de son point d'articulation avec le fâ'.
La méthode : regarder la lettre qui suit le mîm sâkina. Devant bâ' → ikhfa shafawi avec ghounna (comme dans تَعْرِفُهُمْ بِسِيمَاهُمْ) ; devant mîm → idgham moutamathilayn saghir avec ghounna ; devant toute autre lettre → izhâr shafawi, intensif devant wâw et fâ'. Applique ainsi ces trois jugements à chacun des versets cités en repérant d'abord la lettre qui suit.
Révision : Ikhfa shafawi, Idgham moutamathilayn saghir et Izhar shafawi
Procède de la même façon verset par verset : repère chaque mîm sâkina, puis regarde la lettre qui le suit. Devant bâ' → ikhfa shafawi ; devant mîm → idgham moutamathilayn saghir ; devant toute autre lettre → izhâr shafawi, avec l'attention particulière au wâw et au fâ' où l'izhâr intensif est obligatoire.
Révision : Nûn et mîm chaddada et les trois fiches du mîm sâkina