Islam > Coran > Tajwid > Questions : la ghounna
Mis à jour le 27 octobre 2026
📖 3 min de lectureLorsque le nûn et le mîm se trouvent chaddada, il devient obligatoire d'y faire apparaître la ghounna lors de leur prononciation : c'est là leur règle. Chacun des deux est appelé lettre de ghounna chaddada, ou lettre aghann chaddada.
Dans la langue, la ghounna est un son qui résonne dans le nez ; dans la terminologie, un son délicat logé dans le corps du nûn et du mîm, où la langue n'a aucun rôle. Son makhraj est le nez (al-khaychoum), sa partie la plus profonde à l'intérieur. Sa durée est de deux mouvements, par le mouvement du doigt. Sa prononciation suit ce qui la suit en emphase et en atténuation : emphatisée si ce qui suit est une lettre d'istilâ', comme dans يَنْطِقُونَ, atténuée si c'est une lettre d'istifâl, comme dans مَا نَنْسَخْ.
Les degrés de la ghounna sont cinq sur le mashhûr : 1. son degré le plus parfait, dans le machdûd et le mudgham à ghounna complète ; 2. le mudgham à ghounna incomplète ; 3. le mukhfâ (y entre l'iqlâb) ; 4. le sâkina rendu apparent (muzhar) ; 5. le mobile (moutaharrik). En réalité, elle n'apparaît que dans les trois premiers degrés : le machdûd, le mudgham et le mukhfâ, où elle atteint le degré de perfection ; dans le muzhar et le moutaharrik, c'est son origine qui s'y maintient, non sa perfection.
La ghounna en état de perfection se trouve : dans le nûn sâkina et le tanwîn dans les cas de l'idghâm avec ghounna, l'iqlâb et l'ikhfa ; dans le nûn et le mîm chaddada ; et dans le mîm sâkina dans ses deux cas, l'ikhfa et l'idghâm.
Les savants se sont appuyés sur le maintien de la ghounna dans le muzhar et le moutaharrik sur le fait que la prononciation du nûn et du mîm rendus apparents ou mobiles devient impossible si le point d'articulation de la ghounna (le nez) est obstrué : preuve que la ghounna y demeure, même si elle n'y atteint pas la perfection.
Repère chaque nûn ou mîm chaddada : ils portent la ghounna parfaite de deux mouvements, comme le nûn chaddada de لَمَّا, le mîm chaddada de ثُمَّ, le nûn chaddada de لَتُسْأَلُنَّ et de أَنَّ, le mîm chaddada de فَأُمُّهُ et le nûn chaddada de إِنَّا. Repère aussi chaque nûn sâkina ou tanwîn suivi d'une lettre fondue avec ghounna : le tanwîn de هَاوِيَةٌ dans le nûn qui suit, et le nûn de عَنْ fondu dans le nûn chaddada de النَّعِيمِ avec ghounna.