Les lettres de l'alphabet se divisent en deux catégories : originales (asliya) et secondaires (fariya)¹.
Les originales : vingt-neuf lettres selon l'avis le plus répandu, la première étant l'alif et la dernière le yâ'.
Les secondaires : ce sont celles qui sortent de deux makharij, ou qui hésitent entre deux lettres ou deux sifat. Elles sont au nombre de huit :
La hamza mouchkila (entre deux) : celle que l'on prononce entre la hamza et l'alif, comme dans أَأَعْجَمِيٌّ ², ou entre la hamza et le yâ', comme dans أءِنك ³, ou entre la hamza et le wâw, comme dans أءُنْزِل ⁴, chez les récitateurs autres que Hafs pour ces deux derniers exemples.
L'alif moumala (incliné) : celui que l'on prononce incliné vers le yâ'. Il est propre à Hafs dans le mot مَجْرَاهَا ⁵ de la sourate Houd.
Le sad machma' (mélangé) au son du zâ' : comme dans الصِّرَاط ⁶ dans la lecture de Hamza, où on le prononce mêlé au son du zâ'.
Le yâ' machma' au son du wâw : comme dans قِيلَ ⁷ dans la lecture d'al-Kisa'i et de Hicham, où on le prononce mêlé au son du wâw.
L'alif mouchabba' (emphatisé) : lorsque l'alif suit une lettre emphatisée (moufakhkhama), il suit celle-ci dans l'emphase, alors que son état originel est l'amincissement (tarqîq), comme dans الطَّامَّة ⁸.
Le lâm mouchabba' : dans le nom de la Majesté (Allah) lorsqu'il est précédé d'une dhamma ou d'une fatha, comme dans عَبْدُ اللَّه ¹, قَالَ اللَّهُ ², sachant que l'état originel du lâm est l'amincissement³.
Le nûn moukhaffaya (dissimulé) : lorsqu'il se mêle à la lettre qui le suit, comme dans يَنكُثُونَ ⁴.
Le mîm moukhaffaya : il est comme le nûn ; tous deux, lorsqu'ils sont dissimulés (ikhfâ'), deviennent deux lettres incomplètes (naqisa), comme dans أَنْبِئْهُمْ بِأَسْمَائِهِمْ ⁵.
Exemples complémentaires (قواعد التجويد sur la récitation de Hafs)